Disparition de Marie-Yvonne CREPIN

Marie-Yvonne Crépin, professeur émérite d’Histoire du Droit de l’Université de Rennes, est décédée le 5 mai 2020 à l'âge de 79 ans. La communauté universitaire lui rend hommage.

Professeur émérite Marie-Yvonne Crépin

La tragique disparition, le 5 mai dernier, de notre regrettée et chère collègue, le Professeur Marie-Yvonne Crépin, emportée à soixante-dix-neuf ans par le mal contre lequel elle luttait si courageusement depuis de nombreux mois, a plongé dans une profonde affliction la communauté universitaire rennaise – au sein de laquelle elle a réalisé l’ensemble de sa carrière – et, plus largement, tous les historiens du Droit et ceux de la Bretagne.

Le décès de Marie-Yvonne Crépin constitue une grande perte, que ce soit du point de vue scientifique ou sous l’angle humain, tant ses qualités la feront pleurer de tous ceux ayant eu l’occasion de la fréquenter – qu’ils soient collègues français ou étrangers,  ou encore étudiants – et, plus encore, de ceux qui ont pu s’honorer de son amitié, doublée d’une indéfectible fidélité.

Ce qui semble avoir dominé par-dessus tout, dans le caractère de Marie-Yvonne Crépin, fut sa très grande rectitude d’esprit – une qualité hélas trop rare ! – habillée d’une profonde affabilité teintée d’humour, qui la gardait de tomber dans l’intransigeance. Ce qui frappait également, c’était sa très vaste culture – drapée d’une grande modestie – et son sens de l’accueil particulièrement développé, que ce soit en direction des collègues, jeunes et moins jeunes, mais aussi des étudiants – notamment du DEA, puis du Master II d’Histoire du Droit – pour lesquels elle savait toujours faire preuve d’une grande disponibilité.

On sentait combien Marie-Yvonne Crépin avait sans cesse la volonté de partager sa connaissance intime de la Justice bretonne, depuis l’Ancien Régime jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale en passant par la Révolution, et que ses nombreuses recherches, basées sur un infatigable dépouillement des archives judiciaires, étaient pour elle bien plus que l’expression d’un métier qu’elle portait très haut : c’était une véritable passion !

Son œuvre intellectuelle, dans le champ disciplinaire de l’Histoire du Droit et dans le cadre institutionnel du CREHUR, puis du Centre d’Histoire du Droit de l’Université de Rennes I (CHD), est donc des plus considérables : un recensement – nécessairement encore partiel – de ses travaux met en lumière au moins une quarantaine d’articles de fond, s’articulant autour de trois axes majeurs : l’Histoire du Droit pénal aux XVIIIème et XIXème siècles (les « Lettres de cachets », la peine de mort, les crimes intrafamiliaux, la délinquance urbaine ou rurale, les déments devant la Justice, les cris séditieux… etc) ; l’Histoire de la procédure pénale, de l’Ancien Régime à la Seconde Guerre Mondiale (l’ordonnance criminelle de 1670, l’importance de l’aveu, le « plus ample informé », la responsabilité des magistrats, la loi de révision de septembre 1792, les cours prévôtales, la section spéciale de la Cour d’Appel de Rennes sous l’occupation… etc.) ; les grands juristes (Tiraqueau, Poullain du Parc, Noël Du Fail, Marcel Planiol… ).

Nombreux seront ceux qui, dans le monde universitaire, diront avec douleur de Marie-Yvonne Crépin : « C'était une grande Dame et une amie très chère : telle elle restera dans notre mémoire ».

Hommage rédigé par M. Thierry Hamon, Maître de Conférences en Histoire du Droit .